Carex 
Un genre de la famille des Cyperaceae
Ce mot, ayant pour origine le bas-latin lisca ou le pré-roman liska, longtemps écrit Laîches, a perdu son accent circonflexe en 1990 mais... « Les personnes qui ont déjà la maîtrise de l'orthographe ancienne pourront, naturellement, ne pas suivre cette nouvelle norme. », dixit
Sous-genre des EUCAREX
aux épis mâles et femelles d'aspects différents.
Sous-genre des VIGNEA
aux épis toujours sessiles et mêlant fleurs mâles et femelles.
Voici donc quelques Carex parmi la quarantaine poussant dans l'Yonne.
Contrairement à la vieille définition longtemps reprise, depuis 1552, du Dictionarium latinogallicum d'Estienne :
ces Monocotylédones colonisent les milieux les plus divers et pas seulement humides.
Les Carex appartiennent à la famille des Cypéracées et à l'ordre des Poales (le même que celui des Graminées, mais également des Juncacées, des Sparganiacées, des Typhacées).
Leur appareil végétatif, leurs feuilles étroites de même que leurs fleurs discrètes (avec un périanthe sépaloïde ou réduit) les ont souvent faits considérer comme ressemblant à des Graminées alors qu'ils ressemblent davantage aux Joncacées, mais leurs inflorescences sont constituées différemment et c'est ce qui a permis de distinguer tout à fait artificiellement des sous-genres que le botaniste bourguignon F. Bugnon nommait des "groupes", sous-genres qui dépendent de la combinaison des fleurs dans les panicules qui ressemblent à des épis :
- 2 sous-genres principaux, présents dans l'Yonne :
- les Eucarex, dont les épis sont plus gros et plus allongés que ceux des Vignea. Ils sont unisexués et prennent un aspect différent selon le sexe ;
- les Vignea aux épis bisexués (ou androgynes ou encore gynandres) et relativement petits ;
- 3e sous-genre, les Psyllophora (=subg. Primocarex). Il n'est représenté que par une espèce (rare) dans l'ouest de la France, 2 espèces en France et sauf erreur, aucune espèce dans l'Yonne. Leurs fleurs s'insèrent directement sur la tige en épi unique généralement sans bractées ;
- un 4e sous-genre, les Vigneastra (=subg. Indocarex), est présent dans le sud-est de la France.
Pour reconnaître les Carex vous pourrez chercher à observer plusieurs choses :
- Leurs fleurs,

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disposées tout autour de la tige, forment un ou plusieurs épis parfois différent s'il est mâle ou s'il est femelle comme dans les Eucarex, ce qui n'est pas le cas lorsqu'il est, comme chez les Vignea,
androgyne ou gynandre 
Une bractée se trouve à la base des épis floraux dont la longueur, la forme et la disposition sont à observer.
Les fleurs des Carex n'ont ni pétales ni sépales mais une écaille, souvent nommée glume, qui recouvre les étamines des fleurs mâles ou qui est appliquée contre l'utricule chez les fleurs femelle.
Les filets des étamines des fleurs mâles, au nombre de trois, persistent même après la chute des anthères, ce qui permet de ne pas les confondre avec
les fleurs femelles qui, elles, ont un utricule contenant l'ovaire qui se prolonge par les styles qui portent deux ou trois stigmates selon les espèces, ce qui conditionnera la forme des akènes qui ne seront trigones qu'avec trois stigmates et lenticulaires si la fleur n'a que deux stigmates.
- Leurs écailles et leurs utricules... Leurs akènes
ne doivent pas être ignorés. Pour une détermination, ce sont mêmes les organes les plus importants : leurs formes, leurs textures, leurs couleurs et le moment de leur formation sont plus importants qu'une date de floraison.
- Leur gaine,
interrompue à la naissance d'une feuille, entoure leur tige toujours pleine, souvent trigone. Chez les Eucarex elle peut présenter un prophyllum.

- Leur tige aérienne pleine
à section triangulaire, qui peut être lisse ou scabre, peut présenter des glandes, des fibres ou des poils mais est dépourvue de noeuds.
- Leurs feuilles
sont souvent coupantes car riches en silice (d'où leur peu d'appétence pour les herbivores). Elles peuvent être : raides ou molles, velues ou lisses, plates, ou pliées ou dépliées en fonction de la pluie et du soleil...
- Leur tige souterraine ou rhizome
car les Carex sont tous vivaces. Ce rhizome (non-chlorophillien) est
- soit court et le Carex pousse en touffe et même en touradon. Vous aurez alors affaire à une espèce dite cespiteuse ;
- soit long et vous le suivrez à la trace : son espèce, traçante, sera dite rhizomateuse.

Durant la Préhistoire, les laiches faisaient partie de la ration alimentaire de nos ancêtres du Miocène. Au Néolithique elles sont devenues matière première pour la fabrication de cordelettes.
La végétation icaunaise a une histoire et comme les influences naturelles sont les plus anciennes et les plus nombreuses dans la formation des noms de lieux, pourrait-on assimiler la toponymie des Lichères (Lescheriae) aux laiches qui furent également, à l'époque médiévale, des lieux où poussaient les Carex ?
Lichères-la-Vaucelle devenue Lichères-près-Aigremont et Lichères-près-Vézelay devenue Lichères-sur-Yonne sont-ils deux villages nés de l'exploitation des Carex par l'abbaye qui possédait leurs terres ?

| Pour en savoir plus : |
| - Avec un livre : Gérard DUHAMEL, Flore et cartographie des Carex de France, Société Nouvelle des Éditions Boubée © 1998, 299 p. - Et sur internet, d'une façon simple, claire et belle. |
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Mise à jour : mars 2012
2005 à 2012 fleursauvageyonne ![]()


